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Venez Comme Vous Êtes

La Newcomer Academy aide les étudiants à équilibrer les pressions d’une nouvelle culture, langue et mode de vie.

April 15, 2020

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Photos by Faith Lindsey

After fleeing his country due to the Eritrean-Ethiopean war, Newcomer Academy student Tesfalem Haile says he believes his education could change his life. “I want to be a doctor,” Haile, 20, said.

Note: This is a French Translation of the story “Come as You Are,” featured in the newest issue of On The Record. It was translated by Audrey Villon, a French teacher at duPont Manual High School

 

Quatre élèves de troisième marchent dans le couloir côte à côte, se donnant des coups de coude en riant à  leurs propres blagues. Un des étudiants parle avec un accent arabe à un autre étudiant qui lui répond avec un accent français très prononcé. Les deux autres garçons communiquent avec des accents Wolof et Vietnamien — tous parlant la même langue mais chacun avec leur petite touche personnelle. Leurs origines différentes n’ont pas créé de barrières. Au contraire, ils partagent tous cette même expérience.

“Je suis Le Roi!” crie Gisubizo Ndayishimiye,  âgé de dix-huit ans, avec un sourire. Ses amis tournent la tête et rient quand ils le voient bomber le torse.

Amusé, Boubacar Dieng, âgé de dix-sept ans lui répond, “Tu n’es pas le roi; je suis le roi!”

Tesfalem Haile, qui a dix-neuf ans, se joint à la plaisanterie en parlant au dessus de tout le monde, “Je suis le plus âgé, je devrais être le roi!” 

Hoang Nguyen, âgé de 15 ans, un peu plus réservé, les regarde depuis le côté en laissant échapper un léger rire.

Ces garçons viennent tous d’endroits différents du monde: Ndayishimiye du Burundi, Dieng d’Ethiopie, Haile d’Erythrée, et Nguyen du Vietnam. Ils ont immigré aux Etats-Unis en mai dernier, et continuent à s’adapter à leur nouvelle vie et un nouveau langage. Mais pendant ce moment de complicité, toutes les barrières tombent.

 

Le son de leurs voix résonnent dans le couloir pendant qu’ils discutent avec insouciance dans cette nouvelle langue. Ndayishimiye, Dieng, Haile, et Nguyen se sont excusés en continu durant l’entretien pour leurs erreurs de prononciation, mais quand ils sont ensemble, ils choisissent de rire de leurs imperfections.  Pour eux, tout va bien – être capable d’apprendre cette nouvelle langue ensemble est suffisant.

Au retentissement de la cloche, les étudiants de la “Newcomer Academy” inondent les couloirs et se saluent. Les amis d’Haile s’approchent de lui avec des visages radieux et les mains tendues. Ils entrent dans la salle de classe, se divisent entre leurs groupes linguistiques, et commencent des conversations dans les différentes langues qui les unissent les uns aux autres.

 

Newcomer est une école du secondaire, située dans le quartier Klondike de Louisville, qui est uniquement dédiée à aider les étudiants nouvellement immigrés à maîtriser l’anglais alors qu’ils s’adaptent à leur nouvel environnement. L’école offre des opportunités scolaires pour aider les immigrants jusqu’à l’âge de 21 ans. Il y a actuellement 655 étudiants inscrits représentant 22 langues différentes parlées.

Bien qu’ils parlent des langues différentes, les étudiants ont l’opportunité de faire partie d’un communauté tolérante. Ils communiquent dans leur langue avec leurs professeurs tout en apprenant à parler anglais. La majorité des enseignants à Newcomer parlent soit l’anglais comme deuxième langue ou parlent couramment plusieurs langues. Cet avantage aide à faire tomber la barrière linguistique entre enseignants et élèves.

 

Une fois le cours commencé, Scott Wade, un professeur de Newcomer, divise les élèves de manière à ce qu’ils soient assis à côté de quelqu’un qui est venu en Amérique par différents moyens: certains en bateau, certains en bus et d’autres en avion. Dans un accent nigérien, un étudiant crie «mélangez-vous et allez parler aux autres» à ses camarades de classe alors qu’ils sont installés dans leurs nouveaux sièges. Les élèves ne sont  plus à l’aise et se regardent les uns les autres en se demandant ce qui va suivre. Cependant, ce n’est que leur troisième classe de la journée et ils n’ont pas le temps de s’inquiéter de leurs anciens sièges. Ils ont tous des présentations à faire, à propos de leur âge, de leur pays d’origine, des langues qu’ils parlent et des rêves qu’ils ont pour l’avenir. 

Haile, un étudiant de Newcomer, devient particulièrement nerveux une fois que sa diapositive apparaît sur le tableau. Il se dirige lentement vers le devant de la salle, regardant droit devant et évitant le regard de ses camarade de classe. Contrairement aux autres élèves de sa classe, il n’a pas l’âge typique d’un lycéen. Cependant, cela n’entrave pas sa capacité à nouer des relations avec ses camarades de classe. Haile vient d’un petit pays d’Afrique de l’Est, l’Érythrée. Il est monté à bord d’un avion pour l’Éthiopie avec sa demi-soeur pour échapper aux guerres qui ont déchiré son pays d’origine et  a immigré aux États-Unis après avoir vécu dans un camp de réfugiés pendant cinq ans.

 

“Chaque jour on a des guerres et chaque fois des gens meurent,” Haile dit.

La guerre entre l’Erythrée et l’Ethiopie  est la goutte qui a fait déborder le vase; Haile a su qu’il devait partir. La guerre a commencé en 1998 et a fini en 2000, mais les deux pays ne sont parvenu à un accord  de paix officiel qu’en 2018. De la même manière qu son pays est arrivé à surmonter ses défis, Haile était déterminé à triompher dans sa propre bataille.

“Vous devez apprendre parce que vous devez changer votre vie. Si je dois changer ma vie, je dois apprendre,” dit Haile.

Newcomer propose des cours qui aident des étudiants comme Haile à apprendre les complexités de la langue et de la culture anglophone. Chaque lundi, des cours comme “Wade’s Explorers Program” réunissent des élèves qui viennent récemment de finir un périple que peu de personnes peuvent imaginer – immigrer dans un nouveau pays.

Dans ce programme, les élèves apprennent sur les actualités mondiales et l’activisme. Ils entendent parler de Greta Thunberg et Malala Yousafzai; deux jeunes activistes connues. Pendant la classe, les élèves regardent une vidéo à propos de Thunberg et Yousafzai, au ralenti afin de comprendre chaque mot de la vidéo. Ils regardent attentivement, les yeux grands ouverts en découvrant les différentes façons dont ces jeunes femmes ont fait entendre leur voix à travers le monde.

Chaque élève expérience ses propres difficultés, chacun apprenant à son rythme. Ils sont tous encore de nouveaux venus, apprenant tous ensemble cette même langue.

Le programme Explorers offre un nouvel espace où les élèves peuvent se concentrer sur la direction qu’ils veulent suivre pendant les deux prochaines années à Newcomer, tout en continuant d’apprécier les pays dont ils sont originaires. Pendant ces deux ans, les élèves feront de nouvelles expériences de la vie et auront de nouvelles opportunités. Après l’école, des programmes organisés par le YMCA visent à créer un cadre accueillant et éducatif pour les élèves de Newcomer.  Des volontaires et le personnel du YMCA organisent des entraînements de football, de basketball, et des services de tutorat pour les élèves. En outre, des profs comme Wade et la directrice de Newcomer, Gwen Snow, jouent un rôle dans le succès de leurs élèves. Autrefois, Snow était professeur d’arts plastiques à Newcomer et établissait un contact avec ses élèves à travers des activités interactives, plutôt qu’à travers des conventions linguistiques traditionnelles. 

“Nous pouvons leur demander de créer un scénario des événements qui ont eu lieu, et avoir des images pour l’accompagner, afin de générer des mots pour raconter l’histoire,” explique Snow. 

Tous les élèves de Newcomer parlent une ou plusieurs langues en plus de l’Anglais. La majorité d’entre eux viennent du Guatemala, du Honduras, de Cuba, de Tanzanie, ou du Rwanda. Peu importe d’où ils viennent, Ils ont tous une histoire à raconter. 

Cela est également vrai pour Abdurazak Ahmed, un étudiant de Newcomer qui vient du Kenya. Avant d’arriver à Newcomer, Abdurazak était nerveux concernant la pression d’apprendre une nouvelle langue et la possibilité d’être exclu pour ne pas savoir parler l’anglais. Toutefois, à Newcomer, Ahmed a des professeurs qui l’ont aidé à apprendre l’anglais et à développer son aptitude à parler. Il se rappelle des différentes méthodes que ses profs utilisaient dans son pays d’origine, par rapport à ici—aux États-Unis. Au Kenya, l’école n’était pas priorisée, les classes avaient peu d’étudiants, et les étudiants devaient payer pour leur propre éducation. Les étudiants attendaient que leur professeur entre  dans la salle de classe, plutôt que l’inverse. Toutefois, à Newcomer, Ahmed est devenu l’ami de ses camarades de classe et de ses professeurs.

“Une chose que tout le monde ici a en commun, c’est que nous sommes tous comme des frères et sœurs, et même les profs sont comme nos parents. Newcomer est le lieu où je me suis découvert et où je me sens à l’aise,” dit Ahmed.

Newcomer continue à offrir des opportunités aux étudiants depuis son lancement en 2008. Nini Mohamed — un ancien étudiant de Newcomer, également originaire du Kenya — décrit ses expériences pendant cette première année d’opération. A l’époque, l’école fonctionnait au sein même du lycée Shawnee. Mohamed n’est resté à Newcomer que pendant six mois grâce à ses progrès très rapides, et a  été transféré rapidement au lycée Waggener. Avant même de commencer à Newcomer, il se souvient de l’émotion de recevoir son premier sac à dos — quelque chose que la majorité des gens ont oublié depuis longtemps.

“J’avais l’habitude d’aller dans le bâtiment du Kentucky Refugee Ministry. Ce qu’ils font est qu’ils vous préparent et s’assurent que vous avez un sac à dos,” dit Mohamed. “ Ils s’assurent que vous avez des livres, des stylos, et malgré le fait que j’étais nouveau ici, j’étais tout excité de recevoir mon propre sac à dos. Je me suis dit  “Oh mon Dieu! J’ai finalement un sac à dos.”(Voir “Kickin’ it in Kentucky, pg. 60)

Mohamed a récemment publié un livre intitulé “The African in America” et écrit maintenant son deuxième livre. Le but de ce premier livre est  d’unir les gens — en particulier la communauté Africaine. 

“Depuis que j’ai publié mon livre, j’ai aidé quatre personnes à écrire leur propre livre, et cela me rend heureux. C’est comme écrire ta propre histoire mais  cette fois — ci tu aides d’autres personnes à écrire leur propre histoire.” dit Mohamed. 

Newcomer fait partie intégrante de l’histoire de Mohamed. Ce qu’il y a appris lui a permis de se lancer dans une carrière d’écrivain et de conférencier spécialisé en développement personnel. L’école a connecté ces élèves, les a  unis, et va les guider vers de nouveaux horizons. 

Mohamed, Ahmed et Haile venaient des quatre coins de l’Afrique de l’est avant d’arriver à Newcomer. Cette école leur a donné les outils nécessaires pour réussir aux États-Unis, et a joué un rôle primordial pour déterminer leur vision d’une future carrière; Mohamed comme auteur, Ahmed comme ingénieur mécanique, et Haile comme docteur.

“Dans ce livre, je voudrais partager avec vous ma vie entre l’Afrique et les Etats-Unis”, Mohammad écrit dans la deuxième édition de son livre. Il continue en disant “C’est incroyable à quel point ils aiment ce pays et sont prêts à tout faire pour y vivre,” — mettant ainsi en lumière le chemin difficile que ces personnes entreprennent, transformant peu à peu un environnement étranger en un lieu familier, un endroit où ils peuvent venir tels qu’ils sont.

 

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